Division prévue, Wash reste sans voix, la foule est déconcertée
Au premier semestre 2026, le DXY est passé de 99,3 à 95,5, le conflit entre les États-Unis et l'Iran l'a fait rebondir à 100,6, puis sous la présidence de Walsh il a continué à grimper jusqu'à 101,3. Après des montagnes russes, l'indice du dollar américain s'est renforcé, mais le marché s'est scindé en deux.
Premier semestre : Trois actes majeurs, un résultat : blocage
Janvier-mars, dollar faible. La Fed a abaissé les taux de 175 points de base depuis septembre 2024, réduisant l'avantage des taux américains, le déficit budgétaire dépassant 6% du PIB. Le DXY est tombé à 95,5 le 30 janvier, atteignant son niveau le plus bas depuis quatre ans.
Mars-mai, impulsion de couverture. Le conflit entre les États-Unis et l'Iran a fait grimper le Brent de 72 dollars à 118 dollars, provoquant une panique mondiale et un retour des capitaux vers le dollar ; les attentes d'inflation ont bondi et le DXY a atteint 103,1. Après le cessez-le-feu, le pétrole est retombé en dessous de 70 dollars, mais le dollar n'a baissé que jusqu'à 100. Cela montre que la logique a changé : on est passé de "couverture de guerre" à "pari sur des taux élevés".
Mai-juin, Walsh prend ses fonctions. Walsh a été nommé en mai, et le graphique en pointillé du FOMC en juin s'est montré agressif : sur 18 membres, 9 prévoient une hausse de taux cette année, la prévision médiane du taux d'intérêt pour 2026 est passée de 3,40% à 3,80%. Le marché valorise deux hausses de taux sur l'année à venir, le rendement américain à 2 ans est passé de 3,85% à 4,25%, et le DXY a rebondi à 101,3.
Durant cette période, les attentes de hausse des taux ont été très volatiles. Les futures des Fed Funds ont changé de direction six fois en deux mois pour le taux de septembre. Les traders ne jouent pas un sens, mais un électrocardiogramme.
DXY et obligations américaines à 2 ans : le dollar faible a chuté à 95,5, le conflit USA-Iran l'a propulsé à 103,1, le retour à la stabilité après le cessez-le-feu s'est maintenu à 100 (passage de la logique de couverture à celle des taux élevés), l'agressivité de Walsh l'a soutenu à 101,3.
Grande fracture du marché
Un camp parie sur une hausse de taux. Selon la règle de Taylor (PCE core 3,4%, r* 0,5%), le taux devrait être à 4,7%, alors qu'il n'est qu'à 3,75%. Le graphique en pointillé donne 9 votes en faveur d'une hausse, et la construction de l'IA ainsi que la reprise économique depuis la dernière baisse des taux stimulent l'économie américaine. Walsh vient d'être nommé et écouter la Maison Blanche, il risque de perdre sa crédibilité au sein de l'organisation, il doit agir. Si en septembre les taux augmentent de 25bp, les obligations américaines à 2 ans pourraient monter à 4,5-4,7%, et le DXY pourrait casser 103 pour atteindre 105.
L'autre camp parie sur l'absence de hausse. Le PCE core est déjà passé de 3,5% à 3,4%, le CPI core à 2,9% continue de baisser. PIMCO et Pantheon Economics jugent que l'inflation a atteint un sommet en mai ; le modèle d'inflation instantané de la Fed de Cleveland prévoit une baisse à 3,30% en juin. L'inflation est un problème d'offre, pas de surchauffe économique. Serrer les taux en période de baisse de l'inflation ? Risqué.
Les deux côtés ont des arguments. Hausser ou non ? Combien ? Personne ne peut donner de certitude.
Qu'est-ce qui pourrait briser le blocage ? À mon avis, il faut suivre attentivement ces quatre facteurs :
Premièrement, les données sur l'inflation. C'est actuellement la variable centrale. En mai, le PCE core est à 3,4% (précédent : 3,5%), la Fed de Cleveland prévoit une baisse à 3,30% en juin. Si le troisième trimestre voit une baisse continue à 3,2-3,3%, la pression pour relever les taux diminuera, le dollar sera sous pression ; si l'inflation stagne au-dessus de 3,4%, la position agressive prédominera, le dollar pourrait encore prendre 3-5%. Les publications CPI/PCE/NFP de juillet-août marquent le premier carrefour.
Deuxièmement, la suite du conflit USA-Iran. Le marché a déjà intégré un cessez-le-feu. Mais le prix du pétrole s'est effondré de près de 50 dollars, le DXY n'a baissé que de 3 points, la logique de couverture a été supplantée par celle des taux élevés. Si le conflit reprend et que le pétrole revient à 100 dollars, la logique double "couverture + taux élevés" pourrait permettre au dollar de dépasser ses précédents sommets.
Troisièmement, performances de l'Europe et du Japon. "L'exception américaine" doit aussi être contextualisée. Si l'Europe et le Japon poursuivent les hausses de taux, la réduction du différentiel portera l'euro et le yen vers le haut, mais il faudra aussi surveiller les conséquences négatives pour leurs économies.
Quatrièmement, la Chine. La configuration G2 se met en place peu à peu. Si les négociations commerciales sino-américaines aboutissent à une percée, le renforcement du yuan entraînerait une hausse des monnaies asiatiques, à surveiller.
“Quatre quadrants” : Plutôt que deviner la direction, mieux vaut suivre les différentiels de taux
Lorsque les positions opposées s'affrontent, une méthode consiste à suivre la ligne "différentiel de taux → dollar américain":
DXY vs différentiel de taux USA-Europe. Si l'écart s'élargit mais que le dollar ne suit pas = sommet atteint. Si l'écart se réduit mais que le dollar ne baisse pas = protection par la logique de couverture.
DXY vs différentiel de taux USA-Japon. Le différentiel a fortement diminué de 5,3% à 2,6%, c'est la variable marginale la plus importante à surveiller pour la deuxième moitié de l'année — la pression sur la revalorisation du yen (motifs politiques économiques ou interventions) n'a pas encore été entièrement libérée.
En somme, le marché reste très divisé quant à la trajectoire future des taux de la Fed. Cela signifie que dès que la direction sera confirmée, les mouvements de rattrapage, à la hausse ou à la baisse, pourraient être très rapides.
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