Les États-Unis pourraient-ils réserver une « surprise dovish » avec l’indice CPI demain ? Goldman Sachs prévoit une inflation inférieure aux attentes, tandis que HSBC parie sur des données « modérées »
Goldman Sachs prévoit que l'indice CPI de base des États-Unis augmentera de 0,19 % en glissement mensuel en juillet, tandis que le CPI global n'augmentera que de 0,05 %, tous deux inférieurs aux attentes du marché, principalement en raison de la baisse des prix de l'essence et de l'apaisement de l'inflation du logement. HSBC estime que si les données confirment ce scénario modéré, cela deviendra un catalyseur pour refroidir les attentes de relèvement des taux de la Fed. Ce scénario créerait un contexte économique « Boucles d'or » solide, où presque toutes les classes d'actifs connaîtraient une hausse généralisée.
Les données sur l'inflation américaine de juillet seront publiées mercredi. Goldman Sachs prévoit une hausse du CPI sous-jacent légèrement inférieure au consensus du marché, tandis que la baisse des prix de l'énergie devrait encore tirer la lecture de l'inflation globale vers le bas. Si les données s'avèrent faibles comme attendu, les anticipations de hausse de taux de la Fed pourraient encore s'atténuer.
Selon le dernier rapport de Goldman Sachs, la banque prévoit une hausse mensuelle de 0,19 % du CPI sous-jacent en juillet, en dessous du consensus du marché à 0,2 %, correspondant à une hausse annuelle de 2,47 %, également inférieure aux attentes du marché à 2,5 %. Concernant le CPI global, la baisse des prix du carburant de détail devrait entraîner un recul de 2,0 % des prix de l'énergie sur le mois, conduisant à une hausse mensuelle du CPI global de seulement 0,05 %, inférieure au consensus de 0,1 %, avec une hausse annuelle estimée à 3,35 %, en baisse par rapport à juin (3,53 %).
Duncan Toms, stratège multi-actifs chez HSBC, souligne également que les données d'inflation de juin ont montré une "surprise dovish", et son modèle de prévision instantanée indique que les chiffres de juillet pourraient à nouveau être modérés. Il ajoute que si les données s'avèrent faibles comme prévu, cela deviendra un catalyseur pour une baisse des anticipations de hausse de taux de la Fed, à ce moment-là, la courbe des taux des bons du Trésor américain pourrait s'accentuer dans un contexte de marché haussier. Ce scénario créerait un "environnement Goldilocks robuste, où presque toutes les classes d'actifs enregistreraient une hausse généralisée".
Trois principales composantes : divergence sur les prix de voitures, logements et déplacements
Le rapport de Goldman Sachs met en lumière les prévisions sur trois composantes clés.
Le segment automobile montre une dynamique divergente. Soutenus par les signaux des prix des voitures d'occasion en ventes aux enchères, les prix des voitures d'occasion devraient augmenter de 0,5 % sur le mois ; les prix des voitures neuves, maintenus stables grâce aux promotions des concessionnaires, devraient gagner 0,1 % ; les prix des assurances automobiles devraient reculer de 0,5 %, reflétant la tendance baissière des primes observée dans le jeu de données en ligne de la banque.
Le segment logement devrait rester modéré. Goldman Sachs prévoit une hausse mensuelle de 0,23 % du loyer équivalent propriétaire (OER) et de 0,16 % des composantes principales du loyer, toutes traduisant une poursuite de l'accalmie de l'inflation du logement. Cette composante représente environ un tiers du poids du CPI sous-jacent, et son évolution joue un rôle déterminant sur la lecture globale.
Les services liés aux déplacements connaissent également des évolutions contrastées. Portés par un rebond des prix du pétrole en juillet qui renchérit les coûts du carburant pour l'aviation, Goldman Sachs prévoit une hausse mensuelle de 2,0 % du prix des billets d'avion ; les prix des hôtels devraient baisser de 1,0 %, la demande stimulée par la Coupe du Monde s'amenuisant — cet effet avait déjà commencé à se refléter dans les données CPI du mois dernier, car les prix sont mesurés à la date de réservation.
Le PCE sous-jacent attendu supérieur au CPI ; ajustement méthodologique entraînant une perturbation additionnelle
Goldman Sachs souligne que, malgré la modération du CPI sous-jacent, le PCE sous-jacent de juillet devrait croître de 0,26 % sur le mois, nettement plus que la hausse du CPI sous-jacent. La principale raison tient à la forte hausse de la composante gestion de portefeuille — celle-ci reflétant avec retard la hausse du marché boursier au deuxième trimestre.
Il convient de noter que la méthodologie du PCE sous-jacent sera révisée à la fin septembre. Selon Goldman Sachs, la nouvelle méthode utilisera dans un premier temps les données salariales, qui sont moins corrélées aux cours boursiers, pour estimer la composante gestion de portefeuille ; ainsi, la première estimation du PCE sous-jacent de juillet pourrait être révisée à la baisse à 0,21 %. Quand, en décembre, les données de l'enquête trimestrielle du secteur des services pour le troisième trimestre deviendront disponibles, cette composante sera à nouveau réajustée sur la base des coûts réels, permettant une possible révision à la hausse de la lecture de juillet. Ce basculement méthodologique induira une volatilité temporaire sur les chiffres du PCE sous-jacent, les investisseurs devront faire preuve de discernement.
Trajectoire future de l'inflation : anticipation de 0,2 % en base mensuelle, risques haussiers liés au marché pétrolier
Pour les prochains mois, Goldman Sachs prévoit que le CPI sous-jacent conservera un rythme de hausse mensuelle d'environ 0,2 %, avec des soutiens principaux : poursuite de l'accalmie de l'inflation du segment logement, rétrécissement de la contribution à l'inflation des hausses tarifaires liées aux droits de douane, et l'estompage de la pression des hausses de prix du carburant d'aviation sur les billets d'avion.
Goldman Sachs alerte néanmoins sur des risques haussiers. Le rapport indique que si les interruptions de l'approvisionnement en pétrole durent plus longtemps que prévu et entraînent une hausse soutenue des prix du pétrole, la trajectoire de l'inflation pourrait s'écarter significativement des prévisions de base. À en juger par la composante prix des billets d'avion cette fois-ci, le canal de transmission de la volatilité des prix du pétrole vers le CPI est déjà très direct, un facteur de risque à ne pas négliger.
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