Dollar canadien : la reprise ne dépend pas uniquement du pétrole – Commerzbank
Michael Pfister de Commerzbank soutient que l'amélioration récente de l'économie canadienne n'est pas uniquement due à la hausse des prix du pétrole et du gaz liée au conflit iranien. Il note que les exportations réelles d'énergie ont atteint leur point bas en août dernier et ont augmenté de manière régulière, tandis que les données sur le marché du travail et le PIB montrent que les secteurs des services et non énergétiques sont à l'origine de la reprise. Il conclut qu’une croissance durable du Canada et la réduction de l’incertitude liée aux droits de douane sont des conditions préalables à des hausses de taux de la Banque du Canada et à une reprise durable du dollar canadien.
Moteurs plus larges derrière la reprise du Canada
"Bien qu'il soit vrai que les exportations vers les États-Unis en particulier ont nettement augmenté depuis mars — une tendance presque certainement attribuable au conflit en Iran — ces chiffres ne sont pas corrigés des prix. En termes réels, les exportations d'énergie ont atteint leur niveau le plus bas en août de l'an dernier et augmentent régulièrement depuis ; la tendance depuis mars correspond davantage à une continuité qu'à une accélération."
"Les chiffres du marché du travail suggèrent également qu'un point bas a été atteint l'été dernier. Le secteur manufacturier ne représente de toute façon qu'une petite partie du marché de l'emploi, et au sein du secteur de l'énergie, seule une très faible proportion de la main-d'œuvre est employée."
"Même si un effet positif du secteur pétrolier et gazier sur le PIB a été constaté en avril et en mai, ce ne fut pas le cas en mars, période où les prix de l’énergie ont le plus fortement augmenté. Le récent retour à une croissance plus forte du Canada est donc principalement dû à d’autres secteurs."
"Le conflit iranien ne peut pas changer cela. Ce n'est qu'une fois que l'économie réelle canadienne se sera durablement redressée que la Banque du Canada envisagera probablement des hausses de taux, et ce n'est qu'à ce moment-là que le dollar canadien devrait se redresser."
"En résumé, les chiffres suggèrent que l'économie réelle se redresse lentement pour d'autres raisons. La reprise des indices PMI, la progression des exportations et une croissance plus forte indiquent que l'incertitude autour des droits de douane s'estompe peu à peu. Bien que cela signifie que le prix du pétrole soit un facteur décisif pour le dollar canadien à court terme, à moyen terme ce seront probablement les négociations avec les États-Unis qui détermineront si la reprise est durable."
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