Une nouvelle ordinaire a coûté cher au monde entier
Source : Cercle d’Information de Wall Street
Un parfum familier : « le prix du pétrole monte, tout le reste chute » :
- Le prix du pétrole a fortement augmenté, le brut américain a momentanément dépassé les 100 dollars ;
- Les marchés boursiers américains ont chuté dans l’ensemble, le Dow Jones a baissé de 0,05 %, le S&P 500 de 0,49 % et le Nasdaq de 0,9 % ;
- Le prix de l’or a accéléré sa baisse, passant sous les 4600 dollars pour atteindre son plus bas mensuel ;
- Les obligations d’État américaines ont baissé, le rendement des bons du Trésor à 10 ans ayant brièvement atteint 4,37 %.
Il y a deux points à noter derrière cette baisse :
Premièrement, le sentiment du marché a changé, passant brusquement du FOMO (peur de manquer une opportunité) au FAFO (on se lance pour se rendre compte qu’on s’est retrouvé à racheter au sommet).
La baisse des actions américaines est due à une nouvelle : OpenAI n’a pas atteint ses objectifs de chiffre d’affaires et d’utilisateurs. Ce n’est qu’une simple nouvelle d’entreprise, mais elle a coûté cher aux marchés mondiaux. L’annonce a entraîné une forte baisse des géants des semi-conducteurs Nvidia et Broadcom, pesant ensuite sur l’indice Nasdaq. L’ampleur globale de la baisse n’est pas très importante, mais cela n’est pas une bonne nouvelle, car cela laisse présager un potentiel de baisse beaucoup plus important.
Hier, de nombreux analystes ont été interrogés par leurs clients : si la monétisation de l’IA n’arrive pas aussi vite qu’espéré, que faire de l’évaluation actuelle ? Beaucoup de valorisations des valeurs technologiques ne sont plus fondées sur les « bénéfices à réaliser dans les prochaines années », mais sur la croyance que « l’IA va transformer l’ensemble de l’économie », un scénario hyper ambitieux. Même OpenAI, symbole central de la vague IA, connaît une croissance des utilisateurs et des recettes en deçà des attentes : le marché s’interroge immédiatement sur une possible surestimation de la demande pour l’IA. Après une ascension continue, ce qui effraie le plus, c’est que tout le monde se rende soudainement compte qu’« en fait, tout le monde est du même côté du bateau ». La nouvelle d’OpenAI d’hier soir, certains diront, a pour la première fois donné ce sentiment. Le marché découvre qu’il est peut-être trop engorgé.
Le public ne s’est pas encore dispersé, mais les discussions commencent à s’élever : « L’IA est-elle vraiment à la hauteur ? » Les prochains résultats financiers de Microsoft, Google et autres géants sont très attendus.
Deuxièmement, l’Iran commence à disparaître des gros titres.
Les principaux médias mondiaux relaient désormais les informations sur l’Iran en dessous de la « une d’actualité » — l’attention du marché se tourne vers les « conséquences ». Même en l’absence de guerre totale, quel sera le prix à payer ? Par exemple, un prix du pétrole durablement élevé, une Réserve fédérale incapable de baisser les taux, un coût mondial du transport maritime en hausse, un retour de l’inflation, les profits des entreprises sous pression, le capital d’investissement pour l’IA pourra-t-il continuer ? Ce dont il faut le plus se méfier, ce n’est pas « lorsqu’il y a le plus de nouvelles », mais plutôt lorsque les nouvelles se font plus rares, alors que les problèmes ne sont toujours pas résolus.
La seule bonne nouvelle, c’est que le marché « a baissé » la veille de la décision de la Fed, et Powell ne voudra sans doute pas, lors de sa dernière grande réunion de mandat, porter un coup supplémentaire au marché.
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