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La "banque centrale des banques centrales" tire la sonnette d’alarme sur la bulle de l’IA : la frénésie des dépenses d’investissement de plusieurs milliers de milliards de dollars risque de se transformer en un long krach.

La "banque centrale des banques centrales" tire la sonnette d’alarme sur la bulle de l’IA : la frénésie des dépenses d’investissement de plusieurs milliers de milliards de dollars risque de se transformer en un long krach.

华尔街见闻华尔街见闻2026/06/28 11:31
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Par:华尔街见闻

La Banque des règlements internationaux (BRI) met en garde contre le fait que la frénésie d'investissement dans l'IA menée par les géants technologiques pourrait se transformer en un "crash d'investissement prolongé", ébranlant les marchés financiers mondiaux et nuisant à l'économie mondiale. Surnommée "la banque centrale des banques centrales", la BRI cible cette fois l'exaltation excessive du marché actuel de l'IA, représentant une alerte claire émanant de l'une des institutions financières les plus influentes du monde.

Dans son rapport économique annuel publié dimanche, la BRI souligne que l’investissement cumulé des cinq principales entreprises mondiales de cloud computing « hyperscalers » devrait dépasser 1 000 milliards de dollars entre 2025 et la fin 2026. Si les rendements réels du secteur technologique s’avèrent inférieurs aux attentes, les investisseurs risquent de resserrer rapidement leur financement, ce qui pourrait transformer cette prospérité des dépenses en capital en une "dépression durable de l'investissement", entraînant des répercussions en chaîne sur les conditions financières mondiales.

Selon le « Financial Times » britannique, des signes de volatilité sont déjà perceptibles sur le marché. SpaceX a finalisé une IPO de 86 milliards de dollars ce mois-ci avant d’initier une émission d’obligations de 25 milliards de dollars ; le directeur des investissements d’Allianz a averti cette semaine que cette démarche indique l'entrée du marché en "zone de bulle". Depuis son introduction en bourse, le marché actions est resté agité, accentué par une anticipation accrue de hausse des taux par la Fed, ce qui a rendu les investisseurs nettement plus prudents.

La BRI avertit également que le choc énergétique provoqué par la guerre entre les États-Unis et l’Iran et la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz n’a pas encore pleinement disparu, et que les effets inflationnistes " commencent à se manifester et pourraient persister assez longtemps", constituant un risque supplémentaire pour l’économie mondiale avec celui de la bulle IA.

Derrière un billion de dollars de dépenses en capital, les rendements restent incertains

Le principal paradoxe de la vague actuelle d’IA réside dans le fossé entre les énormes investissements en capital et les retours commerciaux encore incertains. Les entreprises technologiques affluent sur les marchés du crédit mondial, levant des centaines de milliards de dollars pour financer des projets IA, exploitant la faiblesse historique des spreads de crédit des entreprises pour obtenir des financements à faible coût.

Parallèlement, les niveaux records de Wall Street continuent de stimuler le financement par actions. L’IPO de SpaceX à 86 milliards de dollars illustre la forte demande d’actifs liés à l’IA. Les grands investisseurs ont déjà averti que si les rendements de l’IA sont décevants, cette vague d’émissions de dette mettra à rude épreuve la capacité du marché à absorber les risques.

La BRI indique clairement dans son rapport : "Une déception sur les rendements pourrait provoquer un resserrement soudain du financement, transformant l'essor des dépenses en capital en une dépression durable de l'investissement, et entraîner des effets potentiels en chaîne sur les conditions financières."

Leçons historiques : des avancées technologiques réelles peuvent aussi engendrer des bulles

La BRI utilise plusieurs précédents historiques pour servir de référence à la vague actuelle d’IA. Le rapport cite la bulle du canal des années 1830, la bulle ferroviaire britannique des années 1840, et la bulle Internet de la fin des années 1990, considérant que ces événements fournissent des "analogies éclairantes".

Tous ces épisodes partagent une caractéristique commune : ils prennent racine dans une avancée technologique authentique, mais attirent in fine des capitaux excédant ce que les perspectives de retour commercial peuvent soutenir. La BRI note : "Ces épisodes se sont finalement terminés par un retournement de l’investissement, provoquant une récession à l’échelle de l’économie."

La BRI ne nie pas entièrement le potentiel de l’IA. Le rapport reconnaît que l’IA a déjà contribué de manière importante à la croissance mondiale et pourrait "significativement" accroître la productivité au cours de la prochaine décennie, apportant aux entreprises des gains d’efficacité tangibles. Néanmoins, le décalage historique entre le potentiel technologique réel et la frénésie du capital est au cœur du message d’alerte de la BRI.

L’exposition des ménages aux actions s’accroît, l’impact d’une correction boursière plus large

Selon la BRI, si la vague actuelle d’IA déclenche une correction substantielle, l’impact serait plus large que lors des bulles technologiques passées. Cela s’explique par le fait que la proportion d’actions détenues par les ménages par rapport à leur patrimoine et à leurs revenus est nettement plus élevée qu’autrefois ; une forte correction du marché toucherait directement le bilan et la consommation des particuliers.

La stabilité financière est également menacée. La BRI avertit que les dettes accumulées par les sociétés d’IA via des financements massifs amplifient le risque systémique en cas de retournement du marché.

Poussée par de multiples pressions, l’économie mondiale subit des chocs composés

Au-delà des risques liés à l’IA, la BRI décrit les menaces pesant sur l’économie mondiale comme une accumulation de pressions multiples. La guerre entre les États-Unis et l’Iran a presque fermé le détroit d’Ormuz, alors qu’avant le conflit environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitait par cette voie maritime. La BRI met en garde sur le fait que les conséquences économiques de ce bouleversement énergétique "ne sont pas encore pleinement visibles".

Le rapport souligne que le danger pour l’économie mondiale a déjà augmenté, les points de pression se concentrant sur quatre domaines : le risque d’inflation persistante, l’incertitude sur la viabilité des investissements liés à l’IA, des vulnérabilités financières accumulées et la détérioration rapide de la situation budgétaire des États. L’interaction de ces quatre pressions constitue, selon la BRI, la principale menace pour la conjoncture mondiale actuelle.

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