Le cuivre a soudainement liquidé 16 000 positions longues, les métaux précieux réduisent collectivement leur effet de levier : les capitaux se retirent-ils vraiment ou s'agit-il simplement d'une peur apparente ?
Huitong Finance, 19 septembre —— Cette semaine, la principale action des capitaux spéculatifs a été d'alléger les positions. Les métaux précieux voient leur exposition réduite, le pétrole brut rend une partie de ses gains, les capitaux quittent les matières premières douces, le tout dans une position défensive. La division interne sur les bons du Trésor américain est la plus intrigante : les positions vendeuses à court et moyen terme sont massivement rachetées, tandis que sur le long terme, elles continuent d'être augmentées. Parmi les produits agricoles, le soja se distingue par sa vigueur, tandis que le blé est la cible des positions vendeuses. Dans l'ensemble, le marché oscille entre les taux d'intérêt, la recherche de sécurité et les produits, l'attentisme primant sur l'agressivité.
Samedi (19 septembre), les dernières données hebdomadaires de la CFTC montrent qu'au cours de la semaine se terminant le 15 septembre, les principales institutions étrangères ont massivement réduit leurs positions spéculatives. L'effet de levier diminue sur l'ensemble des métaux précieux, avec une position nette longue sur l'or retombant autour de 137 000 contrats, et une baisse marquée sur le cuivre. Les positions longues sur le pétrole brut sont légèrement réduites, alors que les vendeurs sur le gaz naturel poursuivent le repli. Les bons du Trésor américains montrent une forte divergence interne, avec un rachat massif des positions vendeuses à court et moyen terme, mais une poursuite de l'accumulation sur les maturités très longues. Sur les produits agricoles, le soja et le maïs se renforcent, alors que les positions vendeuses sur le blé s’accentuent. Les matières premières douces dans leur ensemble faiblissent et les capitaux augmentent leur attente, entre recherche de sécurité et rééquilibrage.
Métaux précieux : Désendettement généralisé, repli massif du cuivre
Les positions longues nettes spéculatives sur l'or baissent de 2 488 contrats à 137 060 contrats. Sur l'argent, elles baissent de 1 544 à 12 632 contrats. La chute est la plus marquée sur le cuivre, avec une coupe nette de 16 476 contrats, tombant à 65 541 contrats.
Analyse : Les trois segments sont allégés simultanément, les capitaux relâchent collectivement leur exposition aux métaux. Le cuivre est le plus durement touché ; les positions longues surpeuplées laissent volontairement la place, entre prise de bénéfices et recherche de sécurité.
Énergie : Légère prise de bénéfice sur le brut, resserrement des vendeurs sur le gaz naturel
Les positions longues nettes spéculatives sur le pétrole WTI diminuent de 531 contrats à 139 515, l’ampleur étant très contrôlée. Sur le gaz naturel, les positions nettes vendeuses reculent de 153 contrats sur les quatre principaux marchés, à 54 263.
Analyse : Les haussiers sur le pétrole brut ne font qu’un léger repli, sans mouvements de panique. Le gaz naturel est encore plus notable, les vendeurs réduisent pour la quatrième semaine consécutive, indiquant que les capitaux misant sur une baisse partent progressivement.
Devises : Le yen seul en force, toutes les monnaies européennes sous pression
Les positions nettes longues spéculatives sur le yen atteignent 120 359 contrats, seul refuge parmi les devises non-américaines. Sur la livre sterling, la position nette vendeuse est de 58 715 contrats, sur le franc suisse 28 988, et sur l’euro 26 993.
Analyse : Les devises non-américaines dans leur ensemble sont sous pression vendeuse, les monnaies européennes étant particulièrement faibles. Le yen est l’unique bastion des haussiers, donnant une illustration claire de la recherche de sécurité.
Bons du Trésor américain : Vue d’ensemble d’abord
Regard global : Les positions nettes vendeuses sur les contrats futures de bons du Trésor augmentent de 2 640 à 203 157 contrats, reflétant une anticipation générale d’un affaiblissement du marché obligataire.
Puis par maturité : La position nette vendeuse à 2 ans recule de 73 754 à 855 353 contrats. Sur 5 ans, elle recule fortement de 270 127 à 997 366 contrats. Sur 10 ans, recul de 13 547 à 821 236 contrats. Seul le segment super-long (plus de 10 ans) voit une légère augmentation de 63 à 345 203 contrats.
Analyse : Les positions vendeuses globales sur la dette américaine continuent de s’accumuler, mais une fracture claire apparaît. Sur les échéances courtes et moyennes, les vendeurs rachètent massivement. Le 5 ans est le plus marqué, signalant que les capitaux anticipent un changement de politique. Sur le long très long, les vendeurs persistent et accentuent, la courbe des taux se tend dans les deux sens.
Produits agricoles : Les céréales se renforcent, les matières premières douces faiblissent
Le maïs gagne 1 056 contrats nets longs à 291 953. Le soja bondit de 10 366 à 172 981 contrats nets longs. A l’opposé, le blé voit sa position nette vendeuse grimper fortement de 24 851 à 42 097. Les matières premières douces faiblissent collectivement : le coton perd 7 231 contrats nets longs à 80 676, le sucre en perd 584 à 105 531, le café bascule directement en position nette vendeuse de 1 716 contrats, le cacao voit sa position nette vendeuse portée à 19 396.
Analyse : Les céréales et oléagineux restent privilégiés, le soja étant la star. Le blé voit ses positions vendeuses exploser, à contre-courant du reste des céréales. Les matières premières douces subissent un désengagement marqué, les capitaux quittant ce segment.
Cette semaine, le plus grand mouvement des capitaux spéculatifs a été la réduction des risques. Exposition réduite sur les métaux précieux, prises de bénéfices sur le pétrole, retrait des capitaux sur les softs, tout est défensif. La division interne sur les Treasuries est la plus notable, avec une chasse aux rachats à court et moyen terme, et un renforcement des positions vendeuses sur le long terme. Sur les produits agricoles, le soja est seul en force, le blé est la cible des vendeurs. Globalement, le marché navigue entre politique monétaire, recherche de sécurité et matières premières, avec un net attentisme dominant les velléités de prise de risque.
FAQ
Q1 : Pourquoi les vendeurs à court et moyen terme sur la dette américaine rachètent-ils massivement, alors que le long terme continue d’être renforcé ?
Cela reflète deux anticipations différentes sur la courbe des taux. Les maturités courtes et moyennes sont plus sensibles à la politique monétaire : le rachat des positions vendeuses traduit une anticipation d’un imminent revirement de la Fed. Les très longues maturités sont davantage liées à l’inflation et à la situation budgétaire, la poursuite des ventes indique une croyance persistante que les taux longs ne pourront pas baisser. Cette divergence reflète l’ampleur du débat sur les prochaines politiques.
Q2 : La réduction généralisée des positions sur les métaux précieux signifie-t-elle que l’or est délaissé ?
Moins de positions longues ne veut pas dire un retournement baissier : il s’agit simplement d’une réduction d’exposition. L’or recule à environ 137 000 contrats, soit toujours en territoire optimiste. Le cuivre, qui subit la coupe la plus forte (–16 476 contrats), signale un resserrement général des positionnements sur les métaux, d’abord pour la sécurité ou la prise de bénéfices ; aucun renversement majeur n'est démontré. Les données de positionnement mesurent seulement les actions des capitaux, et non la tendance de fond.
Q3 : Pourquoi le yen reste-t-il la seule devise non-américaine en territoire acheteur ?
Le yen est la devise refuge mondiale par excellence. Les positions longues reflètent une préférence des capitaux pour le yen en période d’incertitude. L’euro, la livre et le franc suisse, à l’inverse, sont écrasés par des positions vendeuses, traduction d’une forte pression sur la zone euro. Le contraste est un miroir direct des préférences de risque actuelles.
Q4 : Que signifie le resserrement des positions vendeuses sur le gaz naturel ?
La baisse de 153 positions nettes vendeuses indique que les vendeurs qui misaient sur une chute des prix commencent à fermer leurs positions. Ce type de dénouement progressif peut indiquer une défiance grandissante envers la poursuite de la baisse. Cependant, l’ampleur reste limitée car plus de 54 000 contrats restent vendeurs ; la pression baissière diminue mais aucun retournement haussier n’est en vue.
Q5 : Pourquoi cette fracture interne sur les produits agricoles ?
Le soja gagne plus de 10 000 contrats nets longs, le maïs se renforce, montrant que les capitaux privilègient céréales et oléagineux. Le blé, en revanche, voit ses positions vendeuses grimper de 24 000 contrats, s’écartant de la tendance générale sur les céréales. Les matières premières douces saignent, le café passant en territoire vendeur. Le choix des capitaux sur les produits agricoles devient de plus en plus sélectif, concentré sur un petit nombre de produits vigoureux.
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