Le secrétaire au Commerce confirme que le PIB sera émis en utilisant la blockchain
- Le Département du Commerce va transférer les données du PIB sur la blockchain pour un accès rapide et ouvert.
- D'autres pays comme l'Estonie utilisent déjà la blockchain pour des registres publics sécurisés.
- Des experts avertissent que la blockchain garantit la sécurité mais pas l'exactitude des données.
Dans un changement de politique majeur, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a annoncé que le Département du Commerce des États-Unis commencera à publier des données économiques clés, y compris le Produit Intérieur Brut (PIB), sur la blockchain. Il a fait cette annonce lors d'une réunion du Cabinet à la Maison Blanche avec le président Donald Trump. Lutnick a déclaré au président : « Le Département du Commerce va commencer à publier ses statistiques sur la blockchain parce que vous êtes le président crypto. »
Bien que les données du Département du Commerce, telles que le recensement américain, soient déjà accessibles au public, leur mise en chaîne introduit une vérification infalsifiable. Les responsables affirment qu'ancrer les statistiques sur la blockchain offrira un enregistrement permanent et vérifiable des chiffres économiques. Aucun détail sur le calendrier exact de mise en œuvre ou la plateforme choisie n'a été divulgué.
Lutnick a à plusieurs reprises relié la vision de l'administration à l'innovation numérique. Il a écrit : « La technologie est à la base de la présidence Trump. Cette administration va utiliser bitcoin, les actifs numériques et la blockchain pour faire avancer l'Amérique et rester le leader de l'économie mondiale. »
La blockchain comme infrastructure critique
L'initiative vise à garantir que les données officielles deviennent immuables et immédiatement vérifiables. En intégrant les chiffres du PIB sur un registre distribué, le Département du Commerce cherche à prévenir toute manipulation et à créer un point de référence unique pour les décideurs, les analystes et le public.
Cette stratégie suit des exemples mondiaux d'adoption de la blockchain par les gouvernements. En 2016, l'Estonie a intégré la blockchain KSI de Guardtime dans son système de santé électronique, sécurisant plus d'un million de dossiers patients. Le même système soutient désormais son infrastructure nationale d'identité numérique. En 2021, l'Australie et Singapour ont conjointement adopté une plateforme blockchain pour l'émission et la vérification de documents commerciaux, réduisant à la fois les coûts et les délais. Plus récemment, en 2024, pour lutter contre la fraude sur les privilèges et faciliter les transferts de titres de voiture, le Department of Motor Vehicles de Californie a stocké 42 millions de titres de voiture sur une blockchain Avalanche autorisée.
Cependant, des experts mettent en garde : la blockchain ne peut garantir la qualité des données saisies. Des chiffres incorrects ou une méthodologie défaillante seraient toujours enregistrés de façon permanente, soulignant la nécessité continue d'une supervision indépendante et de processus d'audit.
Orientation politique et question mondiale
L'annonce est mentionnée avec les objectifs politiques des États-Unis. Un décret exécutif publié en janvier 2025 exigeait, entre autres, que les agences fédérales accélèrent l'innovation dans les actifs numériques et améliorent la transparence. En juin, la Chambre des représentants a adopté le « Deploying American Blockchains Act of 2025 », qui charge le Département du Commerce d'établir des normes et un cadre pour l'adoption de la blockchain.
À lire aussi : U.S. House Bans CBDC via NDAA: Privacy Protection or Innovation Setback?
Les analystes soulignent que la publication de données officielles sur une blockchain pourrait affecter les smart contracts, les systèmes de trading automatisés et les plateformes de finance décentralisée. Du point de vue des investisseurs, cela pourrait signifier que l'infrastructure blockchain passe d'une technologie considérée comme spéculative à une composante de l'architecture de confiance publique.
L'intégration de la blockchain par le gouvernement américain dans la publication des rapports économiques intervient alors que les régulateurs clarifient les règles concernant les cryptomonnaies. La Securities and Exchange Commission ainsi que la Commodity Futures Trading Commission ont avancé dans leurs efforts pour définir quels actifs doivent être traités comme des titres financiers. Parallèlement à la promotion des stablecoins adossés au dollar, la stratégie indique une approche coordonnée de la finance numérique sous l'administration Trump. Désormais, une question structure le débat : les États-Unis transforment-ils enfin la publication macroéconomique en un protocole sans confiance ?
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