Les tensions commerciales s'apaisent alors que les États-Unis et la Chine concluent un accord sur le minage
Quelques jours avant Thanksgiving, Washington et Pékin se préparent à conclure un accord décisif sur les terres rares, ces matériaux essentiels pour l’industrie technologique, la défense et le minage de crypto. Dans un climat géopolitique tendu, ce compromis pourrait désamorcer une crise aux lourdes conséquences pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Face à la menace de sanctions douanières américaines et de restrictions à l’exportation chinoises, cet accord marque un tournant stratégique, mais rien n’est encore décidé.
En bref
- Un accord stratégique entre les États-Unis et la Chine sur les terres rares pourrait être signé avant Thanksgiving.
- Le secrétaire au Trésor Scott Bessent affirme que la Chine respectera ses engagements pris lors du sommet Trump-Xi.
- Washington renonce à une augmentation des droits de douane de 100 %, tandis que Pékin suspend ses restrictions à l’exportation.
- Cet accord vise à sécuriser l’accès aux matériaux critiques pour la technologie, la défense et le secteur du minage crypto.
Washington et Pékin désamorcent la crise des terres rares
Lors de son passage dans l’émission Sunday Morning Futures sur Fox News, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé qu’un accord sur les terres rares entre les États-Unis et la Chine, suite aux récentes restrictions, pourrait être finalisé d’ici Thanksgiving.
« Je suis confiant qu’après notre rencontre en Corée entre les deux dirigeants, le président Trump et Xi, la Chine respectera ses engagements », a-t-il déclaré, faisant référence aux récentes négociations bilatérales.
Selon Bessent, ce projet d’accord s’inscrit dans un cadre établi le mois dernier entre les deux puissances, dans lequel Washington s’est engagé à suspendre l’imposition d’une hausse de 100 % des droits de douane sur les importations chinoises, tandis que Pékin a gelé la mise en œuvre d’un système de licences d’exportation visant les terres rares et les aimants industriels.
Les enjeux sont considérables, notamment pour les industries américaines stratégiques qui dépendent de ces matériaux critiques, y compris le secteur du minage crypto. Les terres rares sont utilisées dans la fabrication de composants spécialisés, essentiels au bon fonctionnement des machines de calcul intensif.
En évitant une escalade commerciale, cet accord préserve temporairement l’accès des États-Unis à ces ressources, cruciales pour maintenir la compétitivité industrielle. Voici les éléments de l’accord :
- La suspension par les États-Unis d’une augmentation prévue des droits de douane sur les importations en provenance de Chine (100 % sur certaines catégories de produits) ;
- Le gel par la Chine d’un projet de système de licences d’exportation sur les terres rares, qui aurait limité l’offre mondiale d’éléments stratégiques ;
- L’engagement implicite de Pékin de ne pas utiliser les terres rares comme outil de pression dans les secteurs militaire ou technologique, malgré certaines rumeurs qualifiées de « fausses » par Scott Bessent ;
- L’objectif affiché est de garantir la stabilité des chaînes d’approvisionnement pour les secteurs sensibles tels que la défense, la technologie et le matériel crypto.
Il s’agit d’une tentative de désescalade, au moins temporaire, entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Elle intervient dans un climat commercial toujours fragile, où chaque geste diplomatique peut avoir des répercussions concrètes sur les marchés et les industries.
Tensions sur les achats agricoles
Si la partie minière de l’accord semble en bonne voie, d’autres promesses issues de la rencontre Trump-Xi en Corée du Sud s’effritent déjà, notamment sur le volet agricole.
Le 15 novembre, le département américain de l’Agriculture a révélé que seuls deux achats de soja américain par la Chine avaient été enregistrés depuis le sommet, totalisant 332 000 tonnes. Un chiffre bien loin des 12 millions de tonnes évoqués par la secrétaire à l’Agriculture Brooke Rollins pour la période se terminant en janvier, et très inférieur aux 25 millions de tonnes par an promis pour les trois prochaines années.
« Nous sommes encore très loin de ce que les États-Unis ont annoncé en termes d’accord », a commenté Tanner Ehmke, économiste en chef chez CoBank, notant que la Chine n’a jamais officiellement confirmé de telles promesses quantitatives.
La Chine, selon Ehmke, dispose de stocks importants de soja en provenance du Brésil et d’autres pays d’Amérique du Sud. De plus, les exportations américaines continuent d’être pénalisées par un droit de douane de 24 %, même après une réduction de dix points, rendant les produits américains moins compétitifs.
Par ailleurs, Pékin s’est contenté d’indiquer qu’il existe un consensus pour développer le commerce des produits agricoles, sans engagements chiffrés ni calendrier précis. Alors que Trump a assuré dimanche que « la Chine achètera beaucoup de soja », les marchés sont restés sceptiques, et les prix ont chuté de 23 cents pour atteindre 11,24 $ le boisseau après la publication du rapport de l’USDA.
Ce décalage entre les discours politiques et la réalité des échanges jette une ombre sur la véritable portée de l’accord sino-américain. Si la partie terres rares semble aller vers la stabilisation, l’agriculture révèle une dynamique plus incertaine, illustrant les limites de ce rapprochement diplomatique. Pour les acteurs du secteur crypto, ces signaux mitigés invitent à la prudence.
L’accord en cours ne représente peut-être qu’une trêve partielle dans une guerre commerciale aux ramifications profondes. Si les chaînes d’approvisionnement critiques semblent temporairement sécurisées, les développements futurs dépendront autant des décisions stratégiques de Pékin que de la solidité des engagements américains.
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